Le tapis et la santé

Le tapis et la qualité de l’air intérieur

Études scientifiques

L’étude de la société allemande d’allergies et d’asthme

Un plancher lisse ou un tapis?  La question divise depuis longtemps les patients allergiques, les médecins et les scientifiques en deux camps.  L’industrie canadienne du tapis et son porte-parole, l’Institut canadien du tapis, l’affirment haut et fort depuis longtemps:

Les fibres du tapis emprisonnent les poussières, les pollens, et les autres substances allergènes et les retiennent jusqu’au passage d’un aspirateur efficace, ce qui rafraîchit les propriétés filtrantes du tapis.  Sur une surface lisse (bois, céramique, vinyle, etc.), ces particules sont constamment dispersées dans l’air par la marche pour se retrouver dans la zone respiratoire.

Une étude commandée en 2005 par le DAAB (die Deutscher Allergie- und Asthmabund e.V. - la Société allemande d’allergies et d’asthme) démontre qu’un plancher lisse favorise grandement la présence de fines particules dans l’air de nos maisons, tandis que les tapis mur-à-mur réduisent ce risque.  Les résultats de cette étude ont été présentés au public à Düsseldorf en juin 2005, à l’occasion d’une conférence organisée par le DAAB.

L’étude a démontré que la concentration moyenne de fines particules dans les pièces munies d’un plancher lisse est beaucoup plus élevée que dans les pièces munies d’un tapis mur-à-mur, et excède donc la concentration limite.

Avec 62,9 mg/m3, la concentration moyenne de fines particules dans les pièces dont le plancher est lisse excède nettement la valeur limite de 50 mg/m3, tandis que dans les pièces munies de tapis, la concentration moyenne est de 30,4 mg/m3, soit nettement inférieure à la valeur limite.

Les fines particules constituent un problème important, particulièrement pour les patients allergiques.  Quel que soit le type de poussière respirée, les particules comme telles, en raison de leur effet mécanique, causent de l’irritation en pénétrant dans les voies respiratoires.  Cet effet sera d’autant plus fort que le système bronchique aura déjà été endommagé.  De plus, d’autres polluants sont liés à ces particules.  Ces allergènes peuvent ainsi pénétrer profondément dans les poumons, où des réactions indésirables peuvent survenir.

Choisir un revêtement de sol (comme le tapis) qui retient la poussière fine et ne la renvoie pas dans l’air, où elle serait respirée, constitue un excellent moyen de prévention, notamment pour les personnes particulièrement sensibles qui ont déjà subi des dommages aux voies respiratoires.

Visionner l’article sur cette étude

L'étude sur les tapis et les allergies en Suède

Les allégations en Suède selon lesquelles les revêtements de sol textiles provoquent des réactions allergiques chez certaines personnes n’ont pas été adéquatement prouvées, selon deux scientifiques suédois.

Il y eut en Suède, dans les années 70, des discussions intenses et des rapports dans lesquels on soutenait que les tapis étaient la source de contaminants nuisibles provoquant des réactions allergiques, à la suite de quoi les consommateurs et les agents de bâtiments publics dans ce pays ont grandement réduit leur utilisation de tapis.

En 1996, les Prs  Roshan L. Shishoo et Alf Börjesson du Swedish Institute for Fibre Polymer Research ont indiqué dans plusieurs articles que les cas de réactions allergiques et d’autres manifestations d’intolérance au milieu dans le grand public avaient augmenté.  Ils ont signalé que les tapis ne constituaient qu’une faible proportion du marché total des revêtements de sol en Suède, leur part de marché étant passée de 40 % dans les années 70 à seulement 2 % en 1992.

Les Prs Shishoo et Börjesson ont soutenu que l’enlèvement des tapis et la diminution de leur utilisation n’ont pas entraîné une amélioration des conditions pour les personnes allergiques.  Au contraire, elles ont été privées des avantages des tapis, notamment le confort, l’isolation et l’atténuation des bruits.

Cliquer ici pour plus d’information.

L'étude du service de santé respiratoire de la communauté européenne

Respirez plus facilement avec le tapis…

Un important sondage international effectué auprès de quelque 20 000 personnes réparties dans 18 pays indique de façon catégorique que les personnes qui ont installé du tapis dans leur maison, particulièrement dans la chambre à coucher, connaissent moins de problèmes d’asthme.

Cette étude fut publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology 110(2) : 285-292 (2002).

Le Service de santé respiratoire de la Communauté européenne (SSRCE), une organisation internationale multicentrique en matière d’épidémiologie, a mené une étude sur la prévalence de l’asthme et sur les facteurs de risque connus ou présumés lui étant associés.  L’étude a été conçue en vue de déterminer la relation qui existe entre l’asthme et l’humidité de la maison, l’exposition à la moisissure et les niveaux d’acariens.

19 218 sujets provenant de 38 centres répartis dans 18 pays, incluant l’Europe (Belgique, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Islande, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suède, Suisse et Royaume-Uni), ainsi que l’Australie, l’Inde, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, ont répondu à ce questionnaire.  Ce dernier a été mené par un intervieweur qui recueillait des renseignements sur les symptômes respiratoires et les facteurs liés à l’environnement et au style de vie.

Le questionnaire demandait également des renseignements sur les caractéristiques de la maison, notamment le genre et les années d’existence de la maison, les types de systèmes de chauffage et de ventilation, la présence de fenêtres à double-vitrage, le type de recouvrement de sol dans la chambre à coucher et dans la salle de séjour, ainsi que les occurrences de dégâts d’eau dans la maison durant les douze derniers mois, d’accumulation d’eau dans le sous-sol durant les douze derniers mois, ou la détection de moisissures ou de mildiou sur toute surface à l’intérieur de la maison dans les douze derniers mois.

On a ensuite évalué la relation qui existe entre ces facteurs, l’asthme (en se fondant sur les symptômes relevés dans les douze derniers mois) et la réactivité bronchique (par test de méthacholine).  Des rapports de cotes ont été obtenus et adaptés dans les centres d’étude en tenant compte du sexe, de l’âge et des habitudes de consommation de tabac.

Résultats de l’étude

Les résultats de l’étude ont indiqué que dans les maisons où il y avait de la moquette ou des carpettes dans la chambre à coucher, les symptômes d’asthme et le degré de réactivité bronchique étaient moindres (rapport de cotes 0,69 - 9,91). Cet effet était constant dans l’ensemble des centres d’étude. Il était toutefois plus prononcé chez les individus sensibles aux acariens détriticoles porteurs d’antigènes. Les cas connus d’exposition à la moisissure étaient associés aux symptômes d’asthme et à la réactivité bronchique (rapport de cotes, 1,13 - 1,33).

Dans les centres où le taux de prévalence de l’asthme était plus élevé, le nombre de cas connus d’exposition aux moisissures intérieures était également élevé, tant chez les sujets asthmatiques que chez les sujets non asthmatiques.  L’étude a démontré que même si la prolifération de moisissures à l’intérieur de la maison avait un effet néfaste sur l’asthme chez l’adulte, l’utilisation d’un tapis ou de carpettes, surtout dans la chambre à coucher, avait un effet positif sur la santé des gens.  En outre, les personnes dont la sensibilité aux acariens était bien connue avaient même une meilleure réaction face au tapis.

Les auteurs de l’étude ont examiné plus en détail les effets du tapis sur l’asthme, particulièrement dans la chambre à coucher, et ils ont trouvé une relation négative constante à cet égard. Aucune autre relation n’a été relevée dans les centres où l’usage du tapis dans la chambre à coucher est plus ou moins courant.

On a procédé à une analyse après avoir distinctement isolé les cas de sensibilité aux acariens détriticoles, afin d’évaluer l’incidence potentielle de la modification des allergies aux acariens sur la relation entre le tapis et l’asthme. Les rapports de cotes liés à la mesure des effets sur la santé étaient inférieurs chez les personnes sensibles aux acariens détriticoles.

La différence était importante sur le plan statistique, eu égard à la réactivité bronchique, l’effet protecteur du recouvrement de sol textile étant plus fort chez les sujets sensibles aux acariens que chez les personnes ne l’étant pas.

L’usage du tapis a tendance à réduire l’incidence de l’asthme

La relation négative entre le recouvrement de sol textile et les problèmes d’asthme était plus prononcée dans le cas de la chambre à coucher que dans celui de la salle de séjour. Cette relation négative entre le tapis et l’asthme est apparue dans presque tous les centres d’étude, y compris dans les pays où l’usage du tapis est peu courant et dans les pays ayant un faible taux de prévalence en matière de sensibilité aux acariens détriticoles.

Visionner le texte complet de l’étude (en anglais)

L’étude du New Jersey

Installez du tapis dans la chambre à coucher et ne manquez pas l’école !

Dans le cadre d’une étude comptant plus de 4 600 enfants d’âge scolaire dans le secteur du New Jersey, on a découvert que lorsque la chambre de l’enfant était couverte de tapis, les taux de médication contre l’asthme et les taux d’absentéisme scolaire étaient moins élevés.

Cette étude fut publiée dans le Journal of Exposure Analysis and Environmental Epidemiology, Vol. 13, No. 3, 169-176 (2003).

L’étude

Dans la région de Passaic, New Jersey, un sondage de dépistage de quatre ans, intitulé The Passaic Asthma Reduction Effort (PARE) a été élaboré par le Passaic Beth Israel Hospital en collaboration avec le grand public, le secteur privé et les écoles paroissiales. Le secteur est principalement hispanique et la prévalence de l’asthme est considérablement plus élevée dans les communautés afro-américaines et hispano-américaines que dans les autres populations. Les problèmes d’asthme augmentent régulièrement parmi la population et il en va de même pour les taux de mortalité. En outre, l’asthme est aussi la cause principale de l’absentéisme dans les écoles américaines. Le sondage a été conçu afin d’aider les médecins à déterminer les déclencheurs environnementaux de cette maladie chez les enfants, leur permettant ainsi de concevoir des plans de traitement personnalisés contre l’asthme.

Trois groupes hispaniques prédominent dans cette communauté : les Dominicains, les Mexicains et les Portoricains. La plupart des analyses ont été conduites sur ces trois groupes seulement. Des 6 480 enfants sélectionnés pour le dépistage, 4 634 formulaires ont été retournés par les parents. L’ensemble des réponses aux questionnaires ont permis de déterminer que 75 % des enfants étaient des hispaniques, 10 % et 5 % étant de race noire et asiatique respectivement.

Le questionnaire

Les deux points d’intérêt contenus dans l’étude sont le diagnostic d'asthme et l'absentéisme dans les écoles. On a posé cinq questions à chacun des enfants à savoir si quelqu'un à la maison fumait, et si oui, qui était cette personne ; s'il y avait des animaux familiers, et si oui, quel en était le genre ; et s'il y avait un tapis dans leur chambre à coucher.

On a aussi demandé aux parents de répondre à un questionnaire portant sur la santé respiratoire de l'enfant, les antécédents familiaux d'asthme, l'absentéisme à l'école, les effets environnementaux potentiels à la maison, la situation du point de vue de l'assurance, et la race ou l'origine ethnique.

Les facteurs environnementaux cités dans le questionnaire englobaient l'exposition à la fumée de tabac; l'humidité ou la moisissure à certains endroits dans la maison; le tapis dans la chambre de l'enfant; l'utilisation d'oreillers en duvet; la présence de cafards; et l'usage de pesticides.

Les résultats

Parmi les enfants qui souffrent d'asthme diagnostiqué, l'usage de médication était faible. On a découvert, au cours des quatre ans, que les deux principaux facteurs associés à l'asthme diagnostiqué étaient l'exposition au tabac dans la maison et l'humidité ou la moisissure dans la salle de bain.

L'étude a démontré que les oreillers en duvet et le tapis dans la chambre de l'enfant n'avaient aucune association statistique avec le diagnostic d'asthme des enfants qui ont participé à l'étude.

Pour ce qui est des enfants d'âge préscolaire, les salles de bains humide et la moisissure étaient les seuls facteurs associés au diagnostic d'asthme des enfants soumis à l'étude.

Visionner le texte complet de l'étude (en anglais)

Autres études (en anglais seulement)

  1. "CFD Analysis Of The Behavior Of Airborne Allergens In Carpeted And Uncarpeted Dwellings"
  2. "Cleaning And Foot Traffic Emissions Analysis"
  3. "Experimental Methodologies And Preliminary Transfer Factor Date For Estimation Of Dermal Exposures To Particles"
  4. "Flooring, Humidity And Mould Growth"
  5. "Indoor Environment Characterization Of A Non-Problem Building: Assessment Of Cleaning Effectiveness"
  6. "Increasing Office Productivity Through Integrated Acoustic Planning And Noise Reduction Strategies"